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Entrée
Plan |
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Poésie |
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Heureux qui comme
Ulysse a dégusté une bonne saucisse, c’est grâce à des vers comme ça que
j’ai pu écrire les miens... |
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(...) A l’époque j’étais pas encore trop intéressée par la poésie mais
comme je collectionnais toutes sortes de choses, je m'arrêtais à Liré rien
que pour le papier du charcutier: il avait fait imprimer Heureux
qui comme Ulysse a dégusté une bonne saucisse.
C'est depuis ce moment-là que j'ai eu le goût de la poésie. Des papiers de
charcutier, j'en ai ramassé des tas depuis, et en plus la famille et les
amis m'en ramènent de partout quand ils vont en voyage, avec de la
saucisse dedans, bien sûr. (...) |
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| Le 23 mars 1999, Ernestine écrivait au poète et voisin
Jules Mougin
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Ernestine écrit partout Vol. 1, page 25
(...) Enfin bon, si je fais taper une lettre pour vous, c’est pour vous
demander des conseils en poésie. Je suis débutante et comme vous je
voudrais écrire des récitations. J’aimais bien ça à l’école : Emile
Verarène, Albert Samain, et surtout Victor Hugo. Au certificat en 1923
j’ai récité Osséanonoxe, on me l’a fait répéter 3 fois et j’ai eu 9 trois
quarts sur 10. Maintenant que je suis à la retraite j’ai le temps de m’y
mettre moi aussi. C’est surtout au printemps que ça me prend, le docteur
me dit que c’est les glandes, je sais pas si c’est ça, mais ce qu’est sûr
c’est que la poésie c’est pas facile à mon âge, j’ai bien les idées mais
c’est les rimes qui suivent pas. Pour le nombre de pieds je m’arrange avec
des apostrophes, vous verrez sur ce que je vous envoie.
Comme conseils ce que je voudrais c’est que vous me trouviez une rime à
brouette, j’ai un poème en route et je bute là-dessus depuis trois jours.
J’ai bien trouvé mouette mais c’est dur à caser par ici. Si je mets
chouette va falloir que ça se passe la nuit et j’ai encore jamais fait de
poème nocturne, c’est trop spécial.
Enfin pour un professionnel comme vous ça doit être un jeu d’enfants.
Faudrait me dire ce que vous pensez de celui que je vous envoie, j’ai mis
que quatre jours pour l’écrire, je le trouve pas trop mal réussi. Si vous
pouviez aussi me conseiller pour un titre, je voulais mettre « Printemps
», mais j’ai peur que ça soye déjà pris.
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Printemps
Le retour du printemps habille la prairie,
C’est le moment d’bêcher que m’a dit mon voisin,
Tout est couleur de joie, du jaune et puis du gris,
Mais moi j’ai pas le temps, faut que j’aille au turbin.
Tout pousse dans les prés, boutons d’or et jonquilles,
Les mauvaises herbes aussi, ah Bon Dieu les salopes !
Le temps est revenu, enfants de jouer aux quilles,
Allez-y donc pendant que j’arrose au roundope.
Que le printemps est beau quand la météo va,
Tu voudrais pas mignonne t’éloigner quand j’arrose,
Ça pourrait m’éviter d’t’asperger les nougats,
J’vais pas t’le dire deux fois, oui c’est à toi que j’cause.
Les oiseaux font leurs nids, les lapins sont en rut,
Les crapauds, les grenouilles surveillent leurs têtards.
Le retour des légumes nous sauvera du scorbut,
Mais maintenant j’arrête, je vois qu’il se fait tard.
Ernestine Chassebœuf |
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Ernestine gagna un ami mais dut chercher de l'aide ailleurs pour ses
rimes.
Elle reçut un petit dictionnaire fait tout exprès. |
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| Dessin de
Quentin Faucompré |
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Certains de ses poèmes ont été mis en musique pour le spectacle.
(...) Celui que j’ai fait avec les rimes de
Monsieur Amary était encore plus difficile, je ne le trouve pas terrible
en écrit, mais en chanson dans le spectacle de mes lettres ça fait très
joli parce qu’on entend moins les paroles que dans le livre quand on les
lit. (...)
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| Poèmes édités (1999 à 2005) |
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| Ernestine écrit
partout |
| Volume 1 |
Volume 2 |
Volume 3 |
Printemps
La pluie et les pommes de terre
Politain mais pas trop
Odelette au fromage
Epithalane
La complainte du bourrier
La paix, là-dedans !
L'éclipse
Ma saison préférée
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A mon tournesol
Ma brouette
Le fraudeur Duval
sous le pseudo Joseph Rimbaud
Chanson
Balthazar et la nécessiteuse
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A
Madame de Bartillat
avec les rimes de l'écrivaine
(...) Bon, j’ai un peu bâclé, mais il ne sera pas dit que j’aurai
calé sur un poème. (...)
Anthologie de la poésie jardinière et primesautière tout à la
fois
Le joli Mai de Guilhem de Chantremol
Saladettes de Pierre de Moulinsart
L’agnel et le loup de Jean-René de la Dondaine
L’artichaut de Jean-Charles Fondelaire-Effray
Le fraudeur Duval de Joseph Rimbaud
Glossaire du patois des Troglodytes-du-Dessous
Un régal poétique
Beaucoup trop court... paroles de fane !
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St Florent, 12
juillet
Merci, Madame, pour l'envoi de ces poèmes du potager. Je me souviens que,
quand je passais jadis à Coutures ( il y a soixante dix ans ) la campagne était
décorée, comme par des feuilles d'acanthe, de ses cultures d'artichauts...
Je vous souhaite d'heureuses lectures et d'heureuses écritures
Julien Gracq
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Le 5 mai 1999
à Michel Grégoire,
Directeur de l’après-midi à France Inter ( C’est pas comme ça qu’il faut dire ?
)
Monsieur Grégoire,
Vous allez dire que je vous harcèle, mais ce coup-ci c’est important. Je
vous avais proposé mes poèmes à lire puisque vous avez une belle voix mais
ça pas l’air de vous intéresser et vous avez bien le droit. Je vous les
envoie quand même. Je les ai envoyés aussi à Belin, c’est un éditeur, pour
voir si je dois persévérer dans la poésie ou plutôt commencer la peinture.
Mais j’ai pas de réponse parce que je me suis trompée avec un autre Belin
qui fait des gâteaux secs. |
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Si vous pouviez lire au poste l’épithalame que j’ai faite pour des amis
qui se marient vendredi 7 mai, ça me ferait plaisir. Ils s’appellent
Jeanne et Francis et comme ils adorent la poésie, je leur ai copié ça dans
le fond d’une assiette. Ils se marient dans l’intimité, alors ça serait
bien que tout le monde le sache.
Les épithalames c’est des poèmes exprès pour les mariages, c’est dans le
Larousse. C’est pas facile, comme poème, il y en a pas beaucoup qui s’y
sont frottés. J’ai tout un livre rien que du Rimbaud, pas une épithalame !
Comme c’est le printemps des poètes, je pense que c’est le moment d’en
profiter.
Si mes poèmes vous plaisent, j’en ferai un sur vous pour vous remercier.
Vous faites des progrès, je dis pas ça pour vous flatter. La philosophie
c’est une bonne idée, mais j’y comprends rien on dirait France-Culture.
Je vous embrasse,Ernestine Chassebœuf |
| PS : Les mots inventés c’était bien, moi j’ai inventé cacagénaire,
c’est quand on est plus que vieux et qu’il est temps d’aller à l’hospice. |
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(...) Je suis bien contente de voir que vous me
comparez à Rimbaud, j’ai un livre de lui, mais je pense que Jean Richepin
et Emile Verhaeren étaient bien meilleurs. (...) |
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Le 3 septembre 1999
à Monsieur Alain Raymond, Directeur à Télérama
Cher Monsieur
Oui, c’est encore moi, cette fois j’ai rien à dire sur la télé, comme je
suis en bisbille avec la voisine je vais plus prendre mon tilleul chez
elle, donc plus de télé. Mais j’ai lu le Télérama tout l’été en pensant
que vous passeriez mon poème du métro, j’en ai lu des bien pires que le
mien et je me demande pourquoi j’ai pas gagné.
Je vous prends à témoin, vous le passerez si vous voulez :
Toutes les rimes sont bonnes , j’ai un dictionnaire pour ça, et j’ai mis
trois heures à l’écrire, alors ça m’embêterait qu’il soit perdu.
Je vous remercie de me dire ce que vous en pensez,
Salutations d’Ernestine Chassebœuf
PS : Vous pouvez pas rexpliquer le cac40, j’ai rien compris.
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Politain mais pas trop
Toi qui dans le métro ne semble pas en train,
Tous les jours entassé avec les pue-la-sueur,
Va au trot au boulot malgré ce qui t’étreint,
Cette rame c’est pas la joie, c’est le train du malheur.
Usagé du métro, quand à quarante à l’heure
Tu te rends au turbin dans un bruit impossible ,
Pense à Arthur Rimbaud et ses quarante hâleurs
Ivre comme son bateau sur un fleuve impassible.
Agressé dans les rames, suicidé sur la voie,
Trimballé comme un veau qu’on mène à l’abattoir,
Pense que la mort te guette au détour d’un couloir,
Mais qu’elle ne frappe pas quand ce n’est point son heure.
( des Lilas )
Paru dans Télerama le 22 septembre 1999
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Correspondance
poétique avec Bernard L. et ses élèves du CM1 B de l'école Diderot 1 à
Montreuil
(Mai-juin 2000)
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Aux enfants de l’école Diderot
à Montreuil,
Mes chers enfants,
J’espère que Jean Lebrun va vous faire passer ma lettre parce que des
Montreuil, dans le code postal j’en ai trouvé 29. C’est comme des Coutures
où j’habite, y’en a 8 et même 5 qui s’écrivent comme ici. Si je vous fais
cette lettre, c’est parce j’ai lu dans le Télérama que vous faisiez un
journal Ratatouille, et comme j’écris des fois des poésies, surtout sur la
campagne, je voudrais savoir si vous prenez aussi des poèmes du troisième
âge ou même du quatrième. J’ai essayé de les faire imprimer chez Belin,
c’est ceux qu’avaient fait mon livre de récitations du certificat d’études,
mais ils m’ont répondu qu’ils éditaient plus que des gâteaux secs.
Dans le temps j’ai bien eu des petits neveux qu’allaient à l’école à Saint
Lambert pas loin d'ici, ils faisaient déjà un petit journal, mais c’était
avec des lettres en plomb, et c’était lourd pour des petits comme ça, alors
j’ai jamais osé leur demander d’imprimer mes récitations. Ils aimaient bien
ça, l’école, toujours à se promener pour étudier la nature, maintenant quand
je vois les écoles en photo sur le Courrier de l’Ouest, c’est qu’ils
visitent une caserne ou qu’ils vendent des légumes à la récréation pour
pouvoir se payer le maquedo au voyage scolaire, alors votre journal, c'est
vous dire si ça me plaît.
Je vous recopie ma poésie sur le tournesol, si elle vous plaît pas, faudra
me le dire, je vous en enverrai une autre que j'ai commencée, ça parle de ma
brouette. Si les gens vous demandent pour les gogues, c’est des gros boudins qu’on
fait chez nous avec le gros boyau et on met des bêtes de cardes ou du
poireau dedans avec le sang du cochon. C’est très bon.
Recevez des bien grosses bises d’une presque nonagénaire et j’espère que ma
lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf
Passée à l'antenne le jeudi 20 avril.
Envoyée à l'Ecole Diderot en version manuscrite agrandie, s'ensuit une
correspondance avec les 20 élèves de la classe.
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A mon tournesol
Tu es la fleur royale,
Belle comme le soleil.
Tous les peintres t’ont peinte
Mais c’est surtout Van Gogh.
Avec ton huile chaude
On peut faire des frites,
Et c’est ça qui est bon,
Surtout avec les gogues.
Ernestine |
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Christian, Marco et Anselme Classe de CM1/B école Diderot 112 rue Pépin 93100 Montreuil
Montreuil le 5 mai 2000
Chère Ernestine Chasseboeuf
Votre poésie est très bien.
Le maître Christian, Marco et moi (Anselme) attendons votre
prochaine poésie, celle de votre brouette. Nous aimerions bien
vous voir. Si jamais vous venez à Montreuil dites nous bonjour.
Vous avez l'adresse. Si vous aimez notre journal le maître va
sûrement vous en envoyer un exemplaire. Apportez-nous aussi la
recette du grog. Vous pourrez nous dire où c'est chez vous.
au revoir |
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Mon
tournesol
J'ai trouvé sur le sol
Un joli tournesol,
Jaune comme le soleil.
A ce moment vient l'abeille.
Le tournesol nous donne le miel
Et l'abeille nous le ramène.
Léa et
Célia |
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Ma brouette
On a chanté l'auto, et même la pétrolette,
Mais jamais un poète n'a chanté la brouette.
Instrument sans pareil, inventé par Pascal,
Comme elle est sans moteur, jamais elle ne cale.
Un grand coffre à l'avant pour ranger les bagages,
Hop ! Nous voilà partis pour un mois à la plage,
Et camper dans les dunes, tout près de sa brouette,
C'est vraiment le bonheur, quand on entend les mouettes.
Ernestine |
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Cher Kevin,
Tu as raison de dire que j'ai de l'humour, c'est ce que je crois
aussi, mais souvent je fais pas exprès, quand je tombe de ma brouette
par exemple, ça fait rire le monde, mais pas moi.
J'espère que tu l'aimeras, la nouvelle poésie, car la brouette ça
compte beaucoup dans ma vie, comme je vis toute seule, je n'ai plus
qu'elle à qui parler, et ça me console de beaucoup de choses.
Bon , maintenant, je te laisse, il faut que je lui prépare la soupe,
à bientôt peut-être,
Ernestine Chassebœuf |
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Clic
!
Ma chère Olivia,
Félicitations pour ta poésie "Mon rêve" . Celle que j'ai faite sur la
brouette est prête, je la mets dans le paquet avec les lettres. Moi
qui n'étais pas très bonne à l'école, ça me fait quelque chose de
savoir que je vais être accrochée au tableau comme Joachim Du Bellay.
Je suis contente que le Tournesol t'ai très très plu, et je peux te
dire qu'ici il a beaucoup plu aussi, la terre est trempée et je suis
en retard dans mon jardinage.
Je suis étonnée que tu sois une de mes fanes, parce qu'ici il n'y a
que le carottes qui en ont.
Je te remercie de tes remerciements et je t'embrasse,
Ernestine Chassebœuf |
Clic !
Mon cher Thomas,
Je t'appelle Thomas X comme dans Zorro, parce que tu m'as pas écrit
ton nom, et aussi parce que tu m'appelles Ernestine C.
J'ai bien lu ta poésie, mais comme elle ressemble à celles de Kevin et
de David, je me suis dit que vous devez avoir un moule pour aller plus
vite.
Pour te rencontrer, ça va pas être facile, parce que je me déplace
qu'en brouette, et comme c'est moi qui pousse, ça va pas vite et en
plus, à Montreuil, en brouette, j'ai peur d'être ridicule.
Je t'embrasse quand même,
Ernestine Chassebœuf
Post-Scriptum: Excuse-moi, dans Zorro, c'est pas X, c'est Y qu'il
fait avec son épée. |
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Clic
!
Ma chère Céline,
Je te remercie pour ta poésie sur

le capitaine Jonathan. C'est une
drôle de coïncidence, ce Capitaine Jonathan, je l'ai connu en 1932, il
a même été un peu amoureux de moi, mais je voulais pas d'un marin
qu'aurait toujours été parti, et jamais là pour s'occuper des vaches
et graisser la roue de ma brouette. Alors j'ai dit non et je me suis
mariée avec Chassebœuf.
Voilà, c'est la vie. Quant à son histoire de pélican, il y a rien de
vrai là-dedans, il a toujours menti comme un arracheur de dents,
Je t'embrasse, bonjour chez toi,
Ernestine Chassebœuf |
Le capitaine Jonathan
Le capitaine Jonathan
Etant âgé de dix huit ans
Capture un jour un pélican
Dans une île d'extrême orient.
Le pélican de Jonathan
Au matin pond un œuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.
Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour un œuf tout blanc
D'où sort inévitablement
Un autre qui en fait tout autant
Cela peut durer pendant très longtemps
Si l'on ne fait pas d'omelette avant
Robert Desnos |
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Une poésie de couleur
Jaune
comme le soleil qui nous fait envie de manger du miel.
Rouge
comme les cerises qui nous donnent envie d'offrir une
rose.
Bleu
comme l'océan qui me fait envie d'aller à la plage manger un
coquillage.
Vert
comme l'hiver qui nous fait envie de l'air.
Sabrina |
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Cher Marco,
Je ne te remercie pas pour ta poésie puisque tu ne me l'as pas envoyée. Je ne te
remercie pas non plus pour ta lettre, puisque tu as fait écrire ton copain
Anselme*, mais je te remercie à l'avance pour celle que tu vas m'envoyer pour me
remercier de celle que je suis en train de t'écrire.
Si je ne suis pas très claire, merci de m'écrire pour me demander des
explications, j'aime bien expliquer, j'aurai dû être maîtresse d'école, mais je
pouvais pas, fallait traire les vaches, et on peut pas être partout à la fois,Je t'embrasse, j'attends ta lettre,
Ernestine Chassebœuf
* Lettre exposée page cuisine |
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Ecole Diderot, rue Pépin
Deux versions pour Le parapluie |
Chère Ernestine
Bonjour je m'appelle Arnold j'ai 9 ans
et demi j'ai beaucoup aimé votre poème et moi je vais vous envoyer
ma poésie |
Chère Ernestine
Je m'appelle Kévin. Je suis au CM1.
J'ai 9 ans. Vos poésis sont superbes. Je voudrais faire votre
connaissance. J'ai fait une poésie pour vous avec mon copain
Arnold c'est le parapluie
merci et envoyez d'autres poésies |
Le parapluie
Le parapluie
Me protège de la pluie.
Le parapluie
Ho qu'est-ce qu'il est joli !
Le parapluie me sert quand il pleut
il reste toujours avec moi.
Le parapluie
Ho qu'est-ce qu'il est gentil !
Le parapluie
Ho qu'est-ce qu'il est joli !
et quand je vais à l'école
Lui il reste chez lui
Arnold |
Le parapluie
Le parapluie
Me protège de la pluie.
Le parapluie
Ho qu'est-ce qu'il est joli !
Le parapluie
Il me protège
de l'huile
Et se voit dans la nuit.
Le parapluie
Ho qu'est-ce qu'il est gentil !
Et quand moi je vais à l'école
Lui il reste chez lui
Kévin
Au revoir et à
bientôt |
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Saperlipopette
Où sont mes chaussettes ?
Saperlipopette!
Je les ai
perdues,
Saperlipotu !
Sont-elles
dans mes bottes ?
Saperlipopotte !
Ou sous
l'édredon ?
Saperlipoton!
Je suis en
retard
Saperlipétard !
Et ne trouve
rien,
Sapelipotin !
Puisque
c'est ainsi,
Saperlipoti !
J'irai donc pieds nus,
Saperlipotu !
Georges Remond |
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Les papillons
A la campagne les papillons volent dans le ciel.
Ils ont des couleurs dans leurs ailes
et ils sont merveilleux.
Jaune,
vert,
violet
et
rouge.
Quand je les vois, ils me font rêver
et quand je les caresse, ils sont heureux...
Puis quand je rentre à la maison,
je pense à eux...
Aziz |
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Clic !
Mon cher Majuran,
Toi aussi tu m'appelles C., pourtant c'est simple: Chassebœuf, chasse
comme chasse d'eau et Bœuf, comme rôti de bœuf. Pourquoi veux-tu me voir
pour la première fois ? Quand ça sera la deuxième fois tu fermeras les
yeux ? Tu veux savoir où j'habite : c'est dans une maison troglodyte, ça
veut dire que c'est creusé dans la terre, la mienne elle est très très
profonde et comme ça si on a la guerre atomique, j'aurai pas les
radiations, en plus je peux tenir longtemps, j'ai 24 boîtes de petits pois
extra-fins.
J'espère que j'ai bien répondu à ta question, et je t'embrasse,
Ernestine Chassebœuf
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| Ernestine écrit partout Vol 2 page 49
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Chère mademoiselle Ernestine
Je m'appelle Michaël et j'ai 9 ans. Je vous écris pour
que nous nous connaissions mieux car j'adore la poésie comme vous. Je sais
que je n'ai pas l'âme d'un poète mais je vous envoie ces poésies que j'ai
inventées.
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La couleur de la vie
Rose
comme les fleurs, je te
donne mon amour comme toujours.
Orange, tu pousses sur mon
oranger, la vengeance devient ange.
Blanc, que me donne le lait de
ma Mémé.
Marron, tu es sur mon arbre de
marbre en récitant une fable.Mickaël |
Le lévrier
Un chien qui court plus vite que les autres, ce n'est pas normal...
Mais de quelle race est-il donc ?
C'est un lévrierMichaël |
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à Baudelaire Charles
Mon cher Charles,
Je te remercie pour ta poésie l'invitation au voyage, mais j'aurais
aimé que tu la recopies toi-même, plutôt que de la faire recopier par
tes camarades. Il y a encore quelques petits défauts, mais tu n'es
qu'au Cours moyen et je suis sûre que l'année prochaine tu auras fait
des progrès, et qu'au collège ça sera parfait.
Si ça t'intéresse, je pourrai te donner des conseils pour écrire des
poèmes de brouettes ou de tournesol c'est ma spécialité. Je suis sûre
que ça pourrait te rendre célèbre,
Bon courage, mon petit Charlot, je t'embrasse,
Ernestine Chassebœuf
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L'invitation au voyage
Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Charles Baudelaire
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Ma chère Liliane,
Dis donc, tu n'es pas très bavarde, mais tu es bien polie, tu m'as
écrit bonjour Madame mais tu peux m'appeler Ernestine, surtout pas
Titine, j'ai horreur de ça.
Pense à dire à ton maître que ça m'intéresse de recevoir le journal
Ratatouille, surtout si on parle de moi, c'est pour rendre jalouses
mes amies du Club du troisième âge. A notre âge, quand on est dans le
journal c'est que dans les avis d'obsèques, alors tu penses si je suis
impatiente.
Je t'embrasse, merci pour ton poème même si c'est ton copain
Baudelaire qui l'a écrit,
Ernestine Chassebœuf
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Ma chère Boutheïna,
Je te remercie pour ta poésie sur l'araignée Chloé, elle m'a bien plu
et toi au moins tu n'as pas demandé à ton copain Charles Baudelaire de
t'en faire une.
Pour mon écriture, je vais te dire un secret, donc tu peux le répéter
à tout le monde : c'est mon petit-fils, il a un secanaire, je crois
que ça s'appelle comme ça, il a mis ma vraie écriture dedans et
maintenant, en tapant sur le nordinateur, ça sort mes lettres sur la
primante. J'y comprends rien, et c'est difficile de taper, à cause de
mes gros doigts. Donc c'est mon écriture, mais c'est pas moi qui
l'écris en vrai.
J'espère que cette explication te convient, mais sinon je peux t'en
faire une autre, je t'embrasse,
Ernestine Chassebœuf
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Mon cher Matthias,
J'ai peut-être un peu écorché ton nom, mais c'est à cause de ton
écriture, j'ai hésité avec C..., mais comme c'est breton, je sais pas
ce que ça veut dire.
Toi non plus, tu t'es pas trop fatigué pour la lettre, tu as demandé à
Charles de te faire une poésie, il est assez doué ce petit Baudelaire,
mais pourquoi il m'a pas écrit lui-même ?
Pose lui la question, ça m'intéresse, tu me réponds si tu veux, c'est
pas obligatoire, maintenant je t'embrasse, j'ai encore des lettres à
faire,
Ernestine Chassebœuf
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Cher David D.,
Je t'écris David D. parce que tu m'as traitée d'Ernestine C., c'est donc
toi qui as commencé.
Je te remercie pour ta poésie sur le locataire. On voit que tu t'es servi
d'un moule pour la faire, comme quand je fais des gâteaux, mais tu as dû y
mettre du temps puisque tu dis que tu as les vers lents. Fais quand même
attention, cachou ça rime pas avec choucas. C'est un autre oiseau, le
hibou, qui rime avec cachou. Excuse-moi de te donner des leçons de poésie,
mais je commence à être professionnelle puisque j'en ai déjà écrit sept ou
huit.
Si tu me réponds, écris un peu plus gros, je commence à être un peu
sourde.
Merci d'avance et je t'embrasse,
Ernestine Chassebœuf
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Chère Ernestine Je m'appelle Leslie, j'ai 9 ans. Je voudrais faire votre connaissance
et que vous nous envoyez une poésie plus belle et charmante que celle-ci.
Ah oui, je voudrais vous dire que mon amie Célia et mon amie Léa ont
fait beaucoup de poésies.
J'espère qu'en ce moment vous êtes en train d'inventer des poésies tout
comme Léa et Célia ! |
Chère Ernestine
Je m'appelle Aurianne. J'ai beaucoup aimé vos poésies, surtout "Ma
brouette". Je ne sais pas trop faire de poésie mais j'y arrive quand
même. J'ai 9 ans, je suis née le 8 septembre 1991 à 6h30 du matin à
Nogent sur Marne. Je vais quand même vous écrire une poésie.
En poterie
En poterie, on peut faire des lits
Mais des tout petits.
En poterie, on peut faire de beaux fruits
Mais je n'ai pas fini.
Aurianne
J'espère qu'elle vous plaira... |
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Ma balançoire
Dans mon jardin, il y a une balançoire qui se balance, se balance très
haut...
Et tout à coup, elle s'arrête derrière ma soeur.
C'est génial d'avoir une balançoire !
Leslie
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Chère Ernestine Chasseboeuf
Je m'appelle Zoé. J'ai 9 ans et je suis
en CM1B. Le maître a présenté à la classe les poésies : Ma brouette et
Le tournesol. Et je les aime beaucoup. J'écris aussi des poésies.
J'aimerais bien faire votre connaissance. L'une de mes poésies
préférées c'est Mme Pompon, c'est une dame toute en rond. Voici la
poésie :
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Mme Pompon
Mme Pompon est en coton
Mme Pompon est tout en rond
Mme Pompon aime les pommes bonbons
Elle aime surtout celles d'Adrien Dubouchon
Chez elle tout est rond
Elle-même, elle est ronde
Et presque blonde
Mme Pompon aime les citrons
Elle a des boutons ronds
Et une robes à ronds
Mme Pompon sent bon... euh...
Le cornichon !
Zoé |
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Ma fleur aux pétales d'or
Tu es ma fleur aux pétales d'or
Je t'ai ramassée dans un champ de blé
Pour que tu illumines mon palais
Tu es ma lune qui fait apparaître les étoiles
Tu es mon soleil qui brille sans arrêt
Tu es ma fleur aux pétales d'or
Nadine
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Clic !
Chère Nadine,
Je te remercie pour ton poème, La fleur aux pétales d'or, il est très
réussi.
Le Joachim de l'autre poésie, je le connais un peu, il est né pas loin
d'ici, à Liré, dans la douceur angevine. J'aime bien sa poésie et
aussi le papier du charcutier pas loin de chez lui, je t'envoie le
modèle.
J'ai l'impression que tu es bonne élève, tu me diras si je me trompe.
J'envoie un petit mot à tous ceux qui m'ont écrit, j'attends aussi de
lire votre journal, en attendant, je t'embrasse, il faut que j'aille
raconter une histoire à mes poules, sinon elles veulent pas dormir et
elles font le bazar toute la nuit,
Ernestine Chassebœuf
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Ma chère Niagaté,
Je fais comme si tu étais une fille, mais tu es peut-être un garçon,
tu as un prénom que je ne connais pas. Je suis étonnée que tu espères
que ma nouvelle poésie sera plus jolie que la première. Ça me vexe un
peu, parce que jusque là on m'a dit que c'était la plus belle de
toutes, sans me vanter, et je l'ai faite moi-même, alors que toi tu as
copié sur mon voisin Du Bellay. Je t'envoie sa statue sur le papier du
charcutier, tu me diras ce que tu en penses.
Je vous ai entendus à la radio, eh bien dis donc, il y en a qui sont
drôlement malpolis, j'espère que c'était pas toi.
Je t'embrasse, je ne suis pas vexée de ce que tu as dit sur ma poésie,
c'est pour rire, hi, hi.
Ernestine Chassebœuf
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| Les mouettes
Les mouettes cacaouettes
Aiment les poissons au citron.
Elles peuvent voler très haut dans les airs
Ou juste près de la mer.
Quand il y a des requins qui sont zinzins
Ils essaient de les croquer tout entier.
Les mouettes crient " Chauffard ! Espèce de cafard ! "
Les mouettes qui sont secrètes, vivent sans entourloupette.
Luka
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Paul Eluard |
| (...) Salvina: Merci pour
ton poème, mais j'ai pas bien compris, on met pas du citron dans
les œufs mimosa, c'est plutôt de la sauce blanche. (...) |
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La mer
La mer brille comme une coquille,
On a envie de la pêcher.
La mer est verte,
La mer brille,
La mer est d'azur, d'argent et de dentelle.
Sidi |
Clic !
Cher Sidi,
Dis donc, tu es un vrai poète, ta poésie est très belle, et la mer c'est
beau aussi, j'y allais quelquefois, avant la marée noire pour pêcher des
moules, mais maintenant que c'est pollué, il paraît qu'il faut plus en
manger.
C'est bien de pouvoir acheter des croissants et des pains au chocolat à la
récré. J'espère que c'est pas trop cher pour que tout le monde puisse en
manger, sinon, il faut faire la récré du cœur comme Coluche, avec les
croissants gratuits. Si vous faites ça, vous serez les premiers et comme
ça je vous verrai à la télé.
En attendant, je t'embrasse et encore bravo pour ton poème,
Ernestine Chassebœuf |
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Chère Ernestine
Bonjour, je
m'appelle Denis, j'ai 9 ans, et je suis en CM1. Je suis à l'école
Diderot 1 à Montreuil. J'ai lu et j'ai beaucoup aimé votre poésie.
A mon tour je vous envoie ces quelques lignes :
Le chapeau
Qu'il est doux et beau mon chapeau,
avec ses bords arrondis, il ressemble à un bateau.
Parmi toutes ses vives couleurs,
On sent qu'il est plein de bonheur.
Combien de fois avec le vent, il aura couvert
De jolies coiffures en plein hiver.
Parfois, il sera oublié sur un porte-manteau
jusqu'au prochain froid, mon beau chapeau.
J'ai fait de mon mieux pour vous faire plaisir,
j'espère que vous aimerez aussi ma poésie. Je vous dis à bientôt
madame Ernestine
Denis |
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Chère Karima,
Dis donc, tu n'es pas très bavarde, ma poésie t'a très très plu, et tu
penses que la prochaine sera très très réussie, tu te répètes, mais
c'est très très gentil de ta part, alors je te fais ce petit poème,
rien que pour toi toi :
Excuse-moi si je suis un peu moqueuse, mais c'est pour rire
Je t'embrasse,
Ernestine |
C'est Karima qui dit très très
Mais ce n'est pas une traîtresse,
Si elle m'insulte je la traiterai,
Mais pour l'instant elle fait mes tresses.
Ernestine |
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Chère Ernestine Chasseboeuf.
Je m'appelle Dan. Je suis en CM1/B. Mon
maître a présenté les poésies à la classe : A mon tournesol et Ma
brouette. J'ai 11 ans. J'ai bien aimé tes poésies. Dans ma
classe il y a une élève qui a fait beaucoup de poésies elle
s'appelle Zoé. J'ai pas fait de poésie.
Dan |
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(...) Marine : Tu aimes que ça rime, alors voilà des
rimes, tu feras le poème toi-même, j'ai plus le temps. Montreuil-Ecureuil, Ecole-Bestiole
,CM1-Gamin, Bernard-Lézard, mais tu peux
t'en ajouter d'autres si tu veux. (...) |
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Bruit de la mer
Si tu trouves sur la plage
Un très joli coquillage
Compose le numéro
Océan zéro, zéro,
Et l'oreille à l'appareil
La mer te racontera
Dans sa langue des merveilles
Que Papa te traduira
Claude ROY
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Chère Ernestine
Je m'appelle Carole. J'ai les cheveux marron clair. Je suis née le 20
février 1992 à E. en Suisse et je suis sortie du ventre de ma mère à 2
heures du matin. J'ai une petite chatte qui adore les poésies et surtout
les vôtres. Sans doute , si un jour je vous la présente, elle ne vous
quittera pas. Celle que j'ai préférée : Ma Brouette. C'est une très belle
poésie. Si vous voulez en envoyer d'autres, n'hésitez pas à nous écrire,
je suis à Diderot au CM1/B. |
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Chez moi
Il y a une porte
Pour qu'on entre et qu'on sorte
Et devant, un paillasson
Pour s'essuyer les ripatons.
J'ai une table
Et un cartable,
Un lit avec des souris
Où je mange des radis.
J'ai des fenêtres
Qui sont chouettes
Et des rideaux
Qui sont beaux.
J'ai une cuisine
Comme une usine,
J'ai une plante
Qui sent la menthe.
Un aspirateur
Qui fait du bonheur
Et un balai
Qui fait du lait.Sophia et Zoé |
La nature
Il y a des arbres
Qui n'ont pas de barbe,
de l'herbe et des germes.
Il n'y a pas de ferme.
Les oiseaux font du bruit
Avec tous ces cui-cui.
Les écureuil vont de feuilles en feuille,
Les aigles ont de belles ailes,
Les renards n'aiment pas les épinards.
Les loups ne crient pas hou-hou.
Les castors n'ont pas de stores.
Les tortues ne sont jamais nues.
Les corbeaux n'ont pas de couteau.
Tout ça est la belle allure de la nature.
Mustapha |
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Chère Ernestine
Je m'appelle Dylan j'ai 9 ans, 5
mois et 9 jours, Je vous écrit pour vous dire que j'adore vos
poésies surtout la brouette qui était super chouette à entendre,
si vous le pouviez, envoyez nous d'autres poésies. Maintenant,
c'est mon tour de vous en écrire une.
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Les couleurs
Jaune
comme le soleil
Qui vous donne envie d'une bouteille
Noir
de peur
Quand arrive un malheur
Blanc comme neige
et que tout le monde porte un pull
beige
Rose comme les
belles fleurs
Qui me font devenir heureux dans mon
coeur
Orange qui me
rend heureux
quand je fais des voeux
Rouge
comme le feu
Qui vous fait une peur
bleue
Dylan |
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Clic !
Ma chère Nabila
Je te remercie pour ta poésie mais j'aurais préféré que tu me racontes une
histoire à toi, même si ça rime pas.
Pour me rencontrer ça va être dur, je sors pas beaucoup et la ville j'aime
pas trop ça. J'ai été vers chez vous un jour, c'était pour visiter le zoo
de Vincennes. Mais les zoos, j'aime plus trop ça. Heureusement qu'il y a
les singes, quand ils voient la tête qu'on fait en arrivant, de voir tous
ces animaux tristes, ils font des grimaces pour nous consoler.
Allez, je t'embrasse, et bonne fin d'année scolaire,
Ernestine Chassebœuf |
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Chère ernestine Chasseboeuf
Je
m'appelle Alla, j'ai 10 ans je suis en CM1.
Merci pour vos deux poésies que
vous nous avez envoyées. Et je
vais vous faire une poésie que j'ai inventé. |
Les couleurs
Rouge comme une tomate,
je deviens écarlate.
Jaune comme un citron, le soleil se couche à l'horizon.
Orange comme une orange...
Voyez comme sa couleur change.
Bleu de la nuit, la lune me sourit.
Alla |
Et j'espère que tu aimeras ma poésie
De la part d'Alla |
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(...) Malvina : Tu pouvais pas mieux tomber,
j'adore Raymond Queneau, son poème est supercoule, c'est comme ça qu'il
faut dire ? (...)
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Les fleurs
Les marguerites sont jaunes et blanches,
Les roses sont belles et rouges.
Les arbres sont grands et marrons,
L'herbe est petite et verte.
Les buissons ont beaucoup de couleurs.
Mais comment sont les buissons ?
Tais-toi, les buissons sont multicolores
!
Lamina |
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Le 30 juin 2000
à Bernard L. et ses élèves du CM1
Bonjour à tous,
J'ai bien reçu vos lettres jeudi matin, je demandais au facteur tous les
jours : Rien de Montreuil ? Il en avait marre, il m'a même répondu une
fois "Non, rien de ton treuil, vieille bique". Il savait pas que le père
Mougin m'avait prêté son appareil à sourd pour l'essayer, vu le prix que
ça coûte, vaut quand même mieux voir si ça marche bien avant d'en acheter
un. J'ai pas fait de remarque, mais maintenant je sais ce qu'il pense de
moi, le facteur. Enfin, le principal c'est d'avoir eu vos lettres avant la
fin de l'école, mais c'est trop court pour répondre, alors voilà un fax,
il paraît que ça va passer par le téléphone, ça m'étonnerait bien, mais je
vais pas faire ma mauvaise tête, si on me le dit, c'est sûrement vrai.Un grand merci pour vos journaux Ratatouille, même s'ils sont pas en
couleurs, c'est bien pour un début. |
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Boutheina
: Si j'explique mal, c'est parce que j'y comprends rien à tous ces
nouveaux appareils, mais les dessins, je les ai faits
moi-même. Pour la poésie, je dis trop tard ! Céline : Merci pour
ta lettre, comment tu fais, t'as pas fait une seule faute, t'as un
crayon magique ? Crésence : Tu as raison, c'est bien l'école quand
on aime ça, mais pars en vacances quand même, l'été c'est triste une
école vide, on est mieux dehors ! Karima : Merci beaucoup pour ta
lettre, mais le poème que tu m'annonces, tu l'as mangé en route ?
Liliane : Je t'embrasse moi aussi,
mais le temps va me manquer pour écrire une poésie. Heureusement
samedi je dois aller au marché de la poésie, je vais refaire ma
provision de rimes, c'est les soldes, ça va pas être trop cher.
Majuran : Eh oui, c'est dommage,
on s'est connu trop tard, le temps nous manque, c'est la vie !
Malvina : Tu pouvais pas mieux
tomber, j'adore Raymond Queneau, son poème est supercoule, c'est
comme ça qu'il faut dire ? Marine : Tu aimes que ça rime,
alors voilà des rimes, tu feras le poème toi-même, j'ai plus le
temps : Montreuil-Ecureuil, Ecole-Bestiole, CM1-Gamin,
Bernard-Lézard, Mais tu peux t'en ajouter d'autres si tu veux.
Nabila : Tu vois que tu peux faire
des poésies toi-même, c'est pas si dur que ça, d'autant plus que
faire rimer Chassboeuf avec boeuf, c'est original, la semaine
dernière j'ai reçu une lettre où on m'appelait Chassevache, mais je
crois que c'était pour rire. Nadine : J'ai su trop tard, pour
la fête de l'école, mais de toutes façons, je serais pas venue, à
cause de mes poules, si je les emmène pas partout avec moi elles
boudent et elles retiennent leurs oeufs pendant 3 jours. Olivia, ma fan : Je veux bien être
ta copine, mais pour la corde à sauter, je tiens la corde, mais je
saute pas. Salvina : Merci pour ton poème,
mais j'ai pas bien compris, on met pas du citron dans les oeufs
mimosa, c'est plutôt de la sauce blanche.
Sidi : j'ai pas le temps de
t'écrire une poésie. Mon mari, je lui achète pas des croissants,
seulement un petit bouquet de temps en temps, vu qu'il est au
cimetière. Au début, j'ai eu un peu de peine, mais je me suis
habituée, je me trouve plutôt mieux comme ça. Thomas : Si c'est ta vraie
petite soeur,j'aime mieux pas la rencontrer, et ça va être dur de
lui trouver un mari quand elle aura l'âge.
Tiffanie : Merci pour la ronde
autour du monde, mais comment faire avec les océans ? Et si on passe
par les pôles, faudra qu'ils soient bien couverts !
A tous, Christian,
Marco, Anselme, David,
Kevin, Niagaté, sans oublier le petit
Charles Baudelaire qui ne m'a pas
répondu et Bernard, le maître d'école, je vous souhaite des bonnes
vacances en espérant que vous serez en forme pour passer le prochain
siècle. Gros bisous de la vieille Ernestine, pas si vieille que ça, et pas si
Ernestine que ça non plus ! Ernestine Chassebœuf |
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Lettre
codée et faxée par Ernestine
aux
enfants Un
message secret est caché à l'intérieur, à vous de le découvrir et
envoyez au site votre message codé de la même façon
✉
Clo.p@orange.fr
Le 15 décembre an deux mille
Ernestine Chasseboeuf
49320-Coutures
aux enfants du C M1 B
de l'école Diderot 1 à Montreuil
Chers enfants
J'ai été très heureuse de recevoir vos lettres, mais il faut que je vous dise
que j'ai eu beaucoup de travail avec mes poules et je dois vous avouer
que je ne suis pas une grand-mère
très solide, vu mon âge. C'est bien normal à 90 ans on fatigue,
comme vous le pensez. En réalité je suis
la plus vieille du village, mais je travaille comme
un homme et j'écris des lettres pour m'amuser
et aussi pour râler quand il y a des choses qui m'énervent.
Si mes poèmes vous plaisent, j'en suis bien contente. En vérité je m'
apprêtais à en parler à mon voisin, il a un chien qui s'
appelle Gilles, je suis
contente d'aller lui porter mes restes de pot-au-feu. Comme disait
un ancien instituteur, mes poésies
c'est comme les bandes dessinées,
c'est rigolo à lire, mais surtout n' encombrez pas
vos cartables avec ça, et pour exercer
votre mémoire, apprenez plutôt la table de 9, c'est la plus difficile,
c'est comme ma chatte blanche
j'ai jamais été fichue de la retenir,
et pourtant le calcul c'est très utile dans la vie,
surtout le 7 fois 9 cinquante-six.
Et pour déchiffrer les messages secrets, c'est utile aussi,
et moi j'adore en faire, mais des faciles.
Je vous embrasse,
Joyeux Noël,
Bonnes vacances,
mangez pas trop de chocolat.
J'attends votre réponse, on verra si elle est perspicace.
Votre Ernestine ?
Si vous avez déchiffré mon message, répondez-moi de la même façon.
Merci à tous pour vos jolies poésies sur les couleurs,
mais aussi la poterie, chez moi, le lévrier, le chapeau, la balançoire, les bruits de la mer, les fleurs, la nature,
le parapluie, le tournesol, Saperlipopette, les papillons, les mouettes, Madame Pompon,
et même pour la lionne de Jacques Prévert, et merci aussi à Dan qui n'a pas fait de poésie, c'est normal,
on n'est pas forcément poète à la demande, faut l'inspiration...
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Voir aussi le travail des enfants du côté de la
cuisine
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Le 30 mai an deux mille
à M. Philippe M. , route de la Saye à Mios
Cher Monsieur,
J'ai appris que les mâchefers c'était abandonné, vous devez être bien
triste et vous devez plus savoir quoi écrire dans votre journal. Si vous
voulez je peux vous écrire des poèmes pour remplir un peu. Faudrait
trouver d'autres trucs pour râler, si vous avez pas d'idées, je vous en
donnerai: comme supprimer l'autoroute A 10, ça va bien trop vite, c'est
dangereux et il y a pas d'ombre. Avant sur la 10, quand on était dans les
bouchons, des fois on restait une heure ou deux, mais au moins on était à
l'ombre.
Depuis que vous avez passé ma lettre dans votre journal, je suis devenue
un peu célèbre, alors si je peux vous donner un coup de main, c'est bien
normal. On lit mes lettres à France Culture au Pot-au-Feu de Jean Lebrun.
C'est pas une émission bien marrante, alors ça les amuse un peu. Ça fait
une douzaine qu'ils me lisent, peut-être une lundi soir sur le Ministre
Chevènement, si j'ai quelque chose à en dire, et si c'est pas trop méchant
ça passera.
Je vous souhaite bien des choses et j'espère que ma lettre vous trouvera
de même,
Ernestine Chassebœuf
P.S : Mon adresse est bonne, le facteur me connaît. |
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Le 4 juin de l'an deux mille
à M. Amary
Cher monsieur,
J'ai été bien longue à vous répondre et vous devez bien vous demander
pourquoi j'écris à tous ces gens que je connais pas et pas à vous. Vous
êtes pas le premier à penser ça, Jules Mougin c'est pareil. Lui il écrit
des tas de lettres tous les jours mais seulement à des gens qu'il connaît.
Moi c'est à n'importe qui et c'est comme ça que j'ai écrit à
France-Culture pour demander plus populaire, et ils m'ont dit vous avez
qu'à le faire vous-même, et je me suis retrouvée embauchée pour râler et
j'aime bien ça, mais pas quand j'ai écrit pour rien et que mes lettres
passent pas. Et en plus y'a eu cette histoire de cent sous qui m'a pris du
temps aussi, mais ça c'est pour le plaisir et j'espère que les lettres que
je vous envoie vous trouveront de même.
Voilà les nouvelles, j'espère que vous allez bien, m'envoyez pas de rimes
pour l'instant, il m'en reste de la dernière fois, j'ai pas tout utilisé
pour faire le poème de brouette aux enfants de Montreuil, j'avais dit que
je le ferai, ils m'ont pris au mot et voilà, je vous le recopie à vous
aussi.
Je vous souhaite tout ce qu'on souhaite quand on est poli, à vous et à
votre dame et à bientôt peut-être,
Ernestine Chassebœuf |
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Jeudi
25 juillet 2000
Madame Ernestine,
faudrait voir à arrêter de crâner à cause de votre noble vieillesse car,
des dames comme vous, y'en a même en Savoie !
On est très contents d'avoir reçu vos poèmes. On aimerait en offrir "2" à
des jardiniers de notre connaissance, des vrais de vrais. S.V. P. est-il
possible de nous en mettre 2 de côté qu'on passerait prendre ?
Chantal P.
On aime jardiner petit, on aime aussi lire petit et votre ouvrage nous
comble. On l'a même lu plusieurs fois alors qu'on a pas encore commencé
celui de Monsieur B !
Rémi |
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Le 18 février 2001
à Mademoiselle Julie
Chère Julie,
J'ai bien reçu ta lettre, mais j'ai tardé à répondre à cause de la
pluie. Je te donne des nouvelles de mes tomates : celles de la saison
dernière elles sont arrachées et les prochaines, avec le temps qu'on a,
c'est pas sûr qu'elles vont vouloir pousser, tant pis on achètera des
boîtes. J'ai bien aimé ta poésie, je vais t'en faire une aussi : |
Un, il mange du pain
Un, deux, avec des œufs
Un, deux, trois avec les doigts
Un, deux, trois, quatre, il aime la tarte,
Qui c'est-y-donc ? Cousin Léon. |
Tu m'excuseras, j'ai un peu copié sur toi,
mais c'est ma première comptine, j'avais pas trop d'idées. Embrasse tes
parents pour moi et amuses-toi bien,
Ernestine
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Le 20 février 2002
à Monsieur Zylberstein du 10-18
Monsieur,
Je ne suis pas contente après vous. Vous allez sans doute me faire fâcher
avec Jules Mougin, mon voisin le poète. Il m’a prêté un livre de chez
vous, c’est les lettres de Paul Léautaud, le tome 1. C’est parce qu’il
sait que je suis un peu épistolière moi aussi, il m’a dit d’en prendre de
la graine, que ça peut faire du bien à mon style, je me demande comment je
dois prendre ça. Mais c’est pas pour parler des voisins que je vous écris,
c’est à cause de la fabrication de votre livre. C’est imprimé trop serré,
jusqu’au ras du pli, comment voulez-vous qu’on lise le milieu. Avec mon
arthrose aux mains, j’ai pas assez de force pour l’écraser. J’ai essayé en
appuyant avec les pieds, j’avais mis un journal pour pas salir, mais quand
j’ai regardé, il était à moitié cassé en deux. Quand vous saurez que Jules
est assez maniaque avec ses livres, vous comprendrez que je suis bien
embarrassée pour le rendre surtout que je l’ai un peu réparé avec de la
colle à bois, mais maintenant on peut plus l’ouvrir du tout, et c’est
dommage. Alors faudrait nous faire des livres de poche comme les premiers
que j’ai achetés en 1953. C’était Pierre Benoit, on les achetait au bureau
de tabac, c’était pas serré comme les vôtres, même maintenant je peux les
relire sans lunettes.. Alors prenez-en de la graine vous aussi, faites
nous des livres plus larges, 12 de large au moins, mais moins de 14, sinon
ça ferait 14-18 et ça confuserait, à cause de la guerre.
Pensez à tout ça, c’est important pour la culture et j’espère que ma
lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf |
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Coutures, le 3 juin 2002
à Louis Bozon au jeu des mille euros
Monsieur Bozon,
Je vous envoie plus de questions puisque vous les passez jamais, mais tant
pis, je sais bien qu’elle sont trop dures, c’est juste pour faire perdre
les candidats et arrondir un peu les fins de mois. Avec la retraite des
vieux c’est trop juste.
Si je vous écris aujourd’hui c’est pour vous dire que je vous ai entendu
parler du barde du Cantal, Arsène Vermenouze. Mais faudrait aussi parler
des bardes des autres fromages, les poètes du camembert ou du livarot. Moi
par exemple, j’ai écrit un poème pour le Chaussée-aux-Moines, c’est un
fromage que j’aime pas trop mais je voulais les remercier pour une carafe
que j’avais gagnée : je vous envoie mon poème, comme ça si vous voulez
parler de fromage au poste, vous aurez de quoi lire.
Bon courage pour vos voyages en France, j’espère que c’est pas trop
fatigant et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf
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Odelette au fromage
J’aurai pu encenser le Caprice de mes dieux
Le Pont-l’Evêque normand, le Maroilles du Curé,
Le Crottin des Nonnettes, la Fourme de l’Abbé,
Tout le clergé en fait depuis Vatican Deux.
C’eût été très facile de trouver qui louer,
Parmi tous ces fromages, trois cent soixante cinq
Dit-on qu’il y en a, sans compter le Mézenc
les années bissextiles,
Et le fromage de bique de Saint-Loup-sur-le-Thouet.
Mais ma muse m’a dit, ne gaspille pas tes vers
A vanter des fromages qui en sont déjà pleins,
J’en connais me dit-elle, un qui vient de l’enfer,
Il a un sacré goût, tartiné sur du pain.
Inventé à Craon,
Un gros bourg de Mayenne,
Bien avant Mac-Mahon ,
(c’est de l’histoire ancienne),
Sa pâte est onctueuse, elle a le goût du beurre,
Sa croûte douce et blonde est couleur de l’avoine,
Sa fragrance est légère, et rappelle à son heure,
L’odeur de la sandale qu’on a chaussée au moine.
Ernestine Chassebœuf |
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Coutures le 23 juillet
2003
Madame,
Je viens de relire vos lettres de 1999. Depuis il a coulé de l'eau sous
les ponts ! Votre brouette, orpheline de rimes m'a fait peine. Feu
Monsieur Chassebœuf binait ses parterres de pieds d'alouette avec une
serfouette pendant que la couette, mouette d'antan, le râle marouette,
l'alouette et la chouette contaient à la girouette les histoires de St
Hilaire de Harcouët.
Avez-vous oublié l'agréable Pouëtt !... Pouëtt !... de votre Citroën qui
dérangeait les fouette-queue*
qui se doraient au soleil sur les bords du Thouet ? Il y a bien longtemps
que vous ne coiffez plus vos cheveux en couettes et que vous avez serré
vos jolis rubans, barrettes... dans une bouette bien au chaud sous votre
couette. Cette petite couette (oreiller de plumes) bien utile pour couver
les œufs de poules de Barbarie !
Fouette cocher ! je vais vous quitter sur une pirouette: Est-ce que les
nuits de pleine lune, il ne vous arrive pas d'en griller une, faite de
feuilles séchées de vos magnifiques Belles de Fontenay ? La douceur
angevine peut vous jouer de mauvais tours, attention aux expériences
malheureuses pour votre santé, vu votre grand âge.
Amicalement
Mme T.
* lézard de grande taille |
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Le 28 juillet 2003
à
Mme T.
Chère madame,
J’ai bien reçu votre lettre avec la montgolfière de Brissac sur
l’enveloppe, et je vous en remercie. Vous avez bien travaillé pour me
trouver toutes ces rimes à brouette, mais depuis 99 on m’en a offert un
plein dictionnaire et avec ça c’est bien plus facile, surtout pour les
églogues et les épopées qui prennent beaucoup de temps, vu le nombre de
personnages. Je n’en ai pas encore écrit, mais j’y pense pour cet hiver,
quand le jardin me laissera un peu de temps. Quand vous serez à la
retraite vous pourrez vous mettre à la poésie, ça a l’air de vous venir
assez facilement à vous aussi. J’ai vu qu’au tabac de Coutures ils ont
vendu pas mal d’exemplaires de mes lettres mais je ne savais pas que
c’était vous qui les aviez achetés, du moins en partie. Vous n’avez
peut-être pas le petit glossaire de patois, je vous l’offre en tant que
fidèle cliente, vous aurez même pas la peine de remplir un bon comme aux
Trois suisses ou à la Redoute, en plus leurs cadeaux c’est de la camelote.
Merci encore de votre fidélité, je vous laisse pour aller cueillir les
haricots verts et j’espère que cette lettre vous trouvera de même puisque
c’est la saison, Ernestine Chassebœuf |
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Participations d'Ernestine aux cahiers thématiques de la revue
poétique Florilège |
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Un coup trop court
Pas facile à ajuster
Et maintenant celui-là trop long |
Un deux trois quatre cinq
Un deux trois quatre cinq six
Zut, encore raté |
Un deux trois quatre cinq
Un deux trois quatre cinq six sept
C’est court l’haïku |
Avec tous mes pieds
je vaux beaucoup d'haïkus
disait le mille-pattes |
Florilège 118
Cahier thématique:
Haïkus drolatiques
Le haïku classique est un poème de 3 vers de 5,7 et 5 syllabes |
Un vers de cinq pieds
Au deuxième deux de plus
C’est trop court pour moi |
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MIRAGE URBAIN
Elle a dans sa valise ses habits du dimanche
Deux pulls, deux corsages plus le blanc au grand col,
Trois culottes, deux soutifs et un paltot sans manches
Pour aller-z-à la ville, elle prend le prochain vol.
Elle en a plein les bottes d'habiter la campagne
De s'exercer sans fin à conduire des brouettes
Elle rêve d'une ville où l'on ne vit qu'en pagne,
Là où le ciel est bleu et où la vie est chouette.
Arracher le chiendent, c'est un boulot trop rude
A la ville il paraît qu'il pleut des billets dmille,
En un instant c'est sûr, grâce à la turpitude
Tu s'ras riche sans courir, qu'il lui a dit Emile.
Ernestine Chasseboeuf
Florilège 110
Cahier thématique: les dix mots de Queneau à placer dans l'ordre
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Clic ! |

Ernestine écrit partout Vol. 3, pages100
et 104 |
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à
M. Franz Bartelt
On m’a offert votre terrine Rimbaud à cause de
mon goût pour la poésie charcutière, après j’ai commandé le roman
policier. C’est des livres que j’ai dévorés. La terrine finit un peu en
eau de boudin à mon goût, on voudrait que ça dure plus longtemps. Mais si
la corde casse Merdouilla pourra être sauvé dans un deuxième volume.
Heureusement que vous avez mis ses poèmes à la fin, ça permet de combler
le manque, comme je vous ai écrit plus haut, c’est un vrai deuil pour nous
lecteurs.
Le policier je l’ai relu deux fois. La première fois je m’étais doutée que
le bossu y était pour quelque chose, à cause du titre qui lui donne de
l’importance alors qu’on le voit jamais. (...) |
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(...) Depuis
mon dernier courrier j’ai lu les bottes rouges, trouvées au vide-grenier
pour un euro 80 centimes et un ami m’a offert Charges comprises
pour mes étrennes. Très bien tous les deux. Le héros
de
Charges comprises est bien vu, j’ai reconnu certains côtés de Chassebœuf
qu’était pas un mauvais homme mais pas trop fin quand il avait bu, surtout
les derniers temps.
Ça me fait plaisir que vous aimiez mes alexandrins mais c’est un hasard si
c’en est, j’essaie que ça tombe juste mais tant pis si c’est 12, 13 ou 14,
j’ai pas de préférence. Mais c’est vrai que ça tombe souvent sur 12 à
cause des anciennes mesures françaises d’avant la révolution. Ils ont
jamais vraiment pu imposer le système décimal en poésie à cause des vieux
poètes qui sont réactionnaires et aussi des jeunes qui se veulent
désobéissants par principe. C’est vrai que des strophes de 10 vers de 10
pieds ça ferait plus carré mais c’est pas forcément ce qu’on cherche, vous
croyez pas ?
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Deux des vers que
vous citez sont dans le spectacle qu’ils ont fait avec mes lettres, mais
de les comparer à Victor Hugo, ça me flatte trop. C’est vrai que de l’Hugo
j’en connais pas mal et ça peut déteindre un peu ici ou là. Enfin, les
vrais poètes meurent jeunes comme vous dites mais comme je n’ai commencé
qu’à 89 ans, je n’ai que 4 ans d’ancienneté comme poétesse et ça me laisse
encore un peu de temps, sauf ma longévité qui va pas suivre
forcément.(...)
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Le 12 mai 2004
Chère madame,
Je vous remercie pour vos deux lettres, c’est bien gentil de votre part.
Il y a longtemps que j’ai reçu la première mais je n’avais pas répondu à
cause des rimes. C’est pas facile de faire une poésie avec tout ça. C’est
en chantier, si je trouve quelque chose je vous l’écrirai mais pour
l’instant j’ai le jardin qui me prend beaucoup de temps surtout avec mes
jambes dans cet état comme vous verrez dans le volume 2 qui vient de
sortir.
Je vous joins mon petit dictionnaire de patois, comme ça si vous venez me
voir on pourra se comprendre plus facilement.
Merci encore pour vos deux lettres et que la mienne vous trouve de même,
Ernestine Chassebœuf
Le neveu me dit que l’adresse qu’il m’a fait c’est chassebœuf arobasque
ouanadou point èfère. Comprend qui peut. |
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Clic !
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De
Franz Bartelt
(...) En dehors d'un goût avoué pour la cochonnaille, j'ai noté que
nous avons un grand nombre de points communs. Entre le jeu des Mille
Francs et Les deux Orphelines, les biscuits Lu (la fameuse barquette est
une invention ardennaise, fabriquée à Charleville - ville de Rimbaud - en
hommage modeste au Bateau ivre), les pommes de terre de Jean Bernard Pouy
et les marées poétiques de Raoul de Godewarsvelde. Évidemment, aussi et
principalement, la passion des alexandrins (j'allais dire le « vice »,
mais à partir d'un certain âge, on n'a plus que les moyens de la passion).
Les vôtres sont d'une qualité idéale, et je les range tout de suite dans
ma collection : « La seule au garde-à-vous sera la bistouquette », « On
vous regrettera, beaux dépotoirs d'antan ! », « Si ça n'a pas traîné, c
est bien grâce aux Trois Suisses », « Mais ma muse m'a dit, ne gaspille
pas tes vers ». Dans leur contexte, ils sont déjà très bien. Mais isolés
comme des dieux, ils deviennent sublimes, et il m'a suffi de les lire une
fois pour les aimer. Quand je les aurai appris par cœur, j'en ferai un
objet de vénération, à égalité avec les d'Hugo. De tout cela, je déduis
que nous sommes à peu près de la même famille. (...) |
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Le 13 mai 2004
Cher Thibaut,
Merci beaucoup pour ta lettre et ton poème. J’ai été longue à répondre, à
cause de mon nouveau recueil de lettres qui vient de sortir. Il y a moins
de poèmes dedans, je me suis un peu arrêtée d’en écrire mais je vais m’y
remettre, peut-être des chansons aussi. Ton poème des patineurs est très
bien. Moi j’aime pas trop le sport et les patineurs ça m’intéresse pas. De
les voir sur leur glace ça me donne le tournis et après on leur met les
notes comme à l’école, non décidément j’aime pas ça, c’est pas pour te
décourager.
Il y a une dame qui m’a envoyé des rimes mais je suis pas inspirée, tu
veux pas finir le poème à ma place ?
C’est avec carambar, pilier de bar, minicomtesse, kermesse, troglodyte,
hermaphrodite, dentier, parmentier, mots croisés, billevesées, bicarbonate
d’ammonium, harmonium, carillon, durillon, dépotoir, Maine-et-Loire,
Cuissardes, Cossarde, Ouatères, Camembert
C’est pas facile !
Je t’envoie un petit livre de patois, et je t’embrasse, bonne fin d’année
et que ma lettre te trouve de même,
Ernestine Chassebœuf
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St Barthélemy d'Anjou, le 1 novembre 2004, jour de la fête des
chrysanthèmes
Chère Ernestine
Si je me permets d'être familier avec vous, excusez-moi, mais n'êtes-vous
pas la grand-mère que nous possédons tous au plus profond de notre cœur !
Qui plus est, une " vieille dame indigne " et courageuse, qui ne baisse
pas les bras en face de notre société si peu sage. Une grand-mère de rêve
en quelque sorte !
Vous avez les yeux ouverts, j'espère que la cataracte n'entamera jamais
leur activité. Une de mes amies l'année dernière, après que je lui aie
fait découvrir " votre premier tome ", avait le souhait d'envoyer un
courrier à une administration un peu obtuse, à la manière " Ernestine " !
Vous faites des émules, vous aurez bientôt des disciples peut-être. Une
petite chose négative cependant, votre poésie, j'ai du mal avec ! Je dois
vous avouer qu'il m'est arrivé de sauter les pages ! je ne devrais pas
vous l'écrire, je sais. J'espère ne pas trop vous faire de peine parce que
je devine l'importance que vous accordez à vos rimes !
Voilà Ernestine, merci pour le plaisir que vous apportez. Votre bon sens
et votre impertinence nous font du bien !
Je vous embrasse
Jean-François
PS : Merci pour la dédicace, vous ne pouvez imaginer la joie que j'ai
ressentie. J'étais comme un enfant et croyez-moi, si la joie est
proportionnelle à l'âge, ce fut un grand bonheur. |
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Le 29 novembre 2004
à Monsieur M. Jean-François
Cher Monsieur,
J’ai mis du temps à répondre à cause des lapins et du temps clément qui a
fait que j’étais au jardin à ranger tout ça.
Je vous remercie de votre lettre même si vous n’aimez pas mes poésies.
C’est parce que vous n’avez les pas entendues en musique comme dans le
spectacle qu’ils ont fait avec la compagnie Métis. Même moi j’ai trouvé ça
bien et pourtant je suis assez
difficile,
surtout en poésie. Je suis contente de voir que la poésie charcutière se
répand en ce moment, il y en a même dans un livre qui s’appelle,
Terrine Rimbaud d’un certain Bartelt, c’est un livre que j’aurais bien
aimé écrire, tant mieux que quelqu’un l’ait écrit à ma place, ça me gagne
du temps pour faire autre chose. Il y a aussi une Série noire qui
s’appelle Le jardin du bossu que j’aime beaucoup aussi.
Je suis content que ma dédicace vous ait fait plaisir surtout que la dame
est venue exprès de Doué La Fontaine pour me faire signer, si ça vous
avait déplu que je gribouille sur votre livre ça aurait été dommage et
j’espère que cette lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf |
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Le 19 juillet 2004
à Thibaut C.
Cher Thibaut,
Merci de ta lettre du mois de juin. Tu vois moi non plus je ne suis pas
très rapide. C’est la faute au jardin qui prend du temps et l’été je me
mets moins facilement devant ma table que l’hiver.
Pour le sport je persiste. C’est bien de faire de l’éducation physique
pour être en bonne santé mais le sport professionnel c’est une plaie de
notre société. Ça encourage la compétition plutôt que la coopération, ça
ne sert qu’à faire vendre des produits, chaussures ou vêtements. Tous les
abus sont possibles, il y a même du dopage dans les petites équipes
cyclistes de campagne, c’est un médecin qui me l’a dit. Donc méfie-toi, ne
pas abuser du sport c’est une recette de longue vie. Je n’ai jamais fait
de sport et je suis encore là alors que j’ai connu plusieurs professeurs
de sport dans mes neveux qui on fait des crises cardiaques avant 50 ans et
même un qui est mort encore plus jeune.
Tant pis pour mes rimes, je vais me les garder. Contrairement à toi,
d’habitude ça me stimule l’imagination quand on me donne des rimes ou des
mots à utiliser. Pour faire un recueil de poèmes je te conseille
d’attendre d’avoir un style vraiment personnel quand tu en auras écrit
plusieurs centaines. Il faut aussi varier la suite des rimes, ne pas
toujours les faire 2 par deux à la suite, ou même pas de rime du tout,
lire beaucoup de poésies des autres, voilà mes conseils mais tu feras bien
comme tu voudras.
Je te souhaite des bonnes vacances, moi ça va et j’espère que ma lettre
vous trouvera de même
Ernestine Chassebœuf |
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Le 2 décembre 2004
à Monsieur Ragot, La Teste de Buch en Gironde
Cher Monsieur,
J’ai été très touchée que vous ayez lu mes livres de lettres mais c’est
moi qui avais commencé à lire les vôtres quand j’étais plus jeune. Mes
neveux de Gironde m’avaient fait lire des livres de vous qui prouvent que
les grandes dunes ont envahi des villages et aussi un livre qui parle d’un
boulanger de Salles qui faisait des voyages en échasses. J’ai essayé mais
je ne tiens pas dessus et crainte de col du fémur j’ai pas insisté.
Votre poème d’anniversaire n’est pas très gai, vous devriez mettre de la
musique, ça fait passer.
Il y a des jeunes qui l’ont fait avec des poèmes à moi, c’est bien. Je
vous envoie la publicité pour le spectacle, si vous voulez le faire venir,
ils se déplacent, mais il faut une salle et des spectateurs, c’est assez
compliqué à organiser.
Voilà, ici tout va bien, la santé se maintient, les feuilles ont presque
fini de tomber et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf
Mes amitiés à votre fils et à tous les Sallois de votre connaissance. |
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Clic
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Le 25 janvier 2005
à Marie B. à Gennes
Chère Marie,
J’ai reçu ta lettre ce matin. J’ai cru que c’était une blague à cause de
l’adresse des 3 lapins. Je reçois des tas de courriers de gens qui mettent
des faux noms, je me demande bien pourquoi. J’ai des Hélène Demouton et
des Mathurine Dubidet etc. Si ça les amuse je veux bien. En lisant j’ai
bien vu que ta lettre était vraie puisque tu connais des gens dans le
coin. Merci de ton admiration, je suis flattée que mes lettres plaisent
autant aux jeunes. Il parait même qu’on en lit dans les écoles alors que
je n’ai que mon certificat d’études. La Chesnaie je vois à peu près où
c’est, et des Belin il y en a aussi qui vendent du vin pas loin d’ici,
mais les gens disent Blin, sans e. Le docteur Bourgeon est très bien, j’ai
un peu changé son nom pour pas le vexer, je ne sais pas s’il a lu les
livres, je n’ai jamais osé lui en parler. Pour ta question je n’ai pas
l’adresse de ce Monsieur Chabrol, je pense que si Chassebœuf à Coutures ça
arrive, tu peux essayer Chabrol à Pornic, le facteur doit être au courant.
Pour ton groupe Lutèce c’est d’accord pour mettre un poème en musique. Il
y a des poèmes en musique dans le spectacle des Mêtis, et même en rap, je
ne sais pas si tu l’as vu.
C’est bien d’être révolté quand on a ton âge, mais surtout faut continuer
et pas se laisser manger par les... ( ici : un gros mot, on a l’embarras
du choix). D’accord donc pour la chanson, et si ça plait à tes copains
faudra me dire si vous en voulez d’autres et me donner des sujets, ça me
stimulera et j’espère que cette lettre te trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf |
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Le 17 février 2005
à Monsieur Ragot
Cher Monsieur,
J’ai bien reçu votre lettre il y a un moment mais j’ai été un peu mal
foutue et j’avais plus le courage de prendre ma plume. J’ai lu vos poèmes,
je vois que vous avez plein d’humour et que ne vous laissez pas démonter
par la vieillite, comme dit mon ami Jules. Pour le théâtre, toutes les
dates sont sur la petite carte sauf 2 supplémentaires que j’ai ajoutées.
Le mieux c’est d’aller à Angers mais il faudrait demander des invitations
rapidement, le numéro est entouré, il y a aussi le numéro du petit
téléphone, ça commence par 06.
Merci de tous vos envois, je vous laisse, j’ai l’eau qui bout pour la
tisane et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf |
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Le 14 décembre 2005
à Clémence Chombière, à Angers
Ma chère Clémence,
J’ai bien reçu ton chapelet vu que mon courrier suit. Je reste bien cachée
pour l’instant parce qu’on a monté un coup avec l’éditeur pour faire
croire que je suis disparue, surtout le dis à personne. Faut au moins que
je reste cachée jusqu’à la mi-janvier parce que j’ai pas envie de voir la
journaliste de la Vie catholique qui s’est annoncée. Elle veut faire deux
pages sur moi et je crois que ça sera plus intéressant si je suis disparue
que si on me met dans le journal avec ton chapelet entre les mains. Ton
chapelet je m’en sers juste pour compter les pieds de mes alexandrins,
j’ai fait une marque toutes les douze perles. Ça marche bien, je te le
conseille.
Si tu vas à l’équateur n’oublie pas de faire tes vaccins et reste bien
sage parce qu’il y a beaucoup de sida là-bas, faut se méfier, les hommes
sont bien beaux et c’est facile de se laisser aller même à nos âges. Je
transmets les bises à tout le monde je t’en fais à toi aussi beaucoup je
t’envoie tous mes vœux pour 2006 et j’espère que ma lettre te trouvera de
même,
Ernestine Chassebœuf |
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Le 14 décembre 2005
à Madame T.
Chère Madame,
Un grand merci pour votre lettre. C’est vrai qu’on parle un peu de moi à
cause de toutes mes lettres, mais faut pas exagérer, on parle encore aussi
des artichauts et du vin, je ne suis pas la seule spécialité régionale.
Ben dites donc, si vous faites visiter aussi souvent mon quartier faudra
que je demande que la mairie vous paie un peu comme guide, ça serait
normal.
Oui, j’ai décidé de disparaître. Ne dites à personne que je vous ai écrit
parce qu’en principe j’ai disparu depuis septembre déjà et ça paraîtrait
bizarre.
Pour les églogues et les épopées je ne m’y suis pas encore mise, et
pourtant ma vieille amie Clémence m’a envoyé un chapelet, j’ai fait un
nœud tous les douze grains pour compter les alexandrins, ça m’aide.
Et vous de votre côté, avez-vous quelques poésies en route ? Après ma
disparition il y a un créneau à prendre à Coutures, je vous souhaite donc
une année 2006 pleine de vers et de rimes riches et j’espère que ma lettre
vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf |
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Devoir pour Ernestine...
qui s'y colle...
Je soumets depuis ce matin à mes élèves de sixième un petit projet de
sonnet, Malherbien "à donf", avec rimes classiques : ABBA, ABBA, CCD, EDE.
Contrainte
5 rimes imposées: Noël, chocolat, cadeaux, réveillon, Nouvel
An, distribuables dans n'importe quel ordre ABCDE, au choix...
Et si vous vous y colliez,
vous aussi ? |
Une année de plus
Voilà la Saint-Sylvestre huit jours après Noël,
Bien serrée près du feu, il ne fait chaud que là,
Je réveillonne seule d’un bol de chocolat
J’aime bien ma cheminée, et surtout quand ça pèle.
Ils m’ont laissée toute seule, même le petit Joël.
Sont tous partis danser au son du pianola
J’ai bien peur qu’au retour ils trouvent du verglas,
Surtout que vers dix heures il tombait de la grêle.
Quand minuit sonnera j’ouvrirai mes cadeaux:
Confiseries, rillettes, bouteille de bordeaux
C’est le même menu à chaque réveillon.
Je redoute de voir venir le nouvel an,
Je le ferai passer d’un bon coup de Layon
J’aime bien la réglisse mais pas le poids des ans.
Ernestine Chassebœuf |
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Entrée Vos récitations bucoliques et charcutières
Plan |