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Recto-Verso |
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Le 15 janvier 2002
à Monsieur le
Directeur Trichet de la Banque de France
Monsieur,
J’ai trouvé votre adresse
dans une revue chez le dentiste, ça m’a donné l’idée de vous faire un petit
mot. C’est à propos des monnaies que vous arrêtez pas de changer. Des pièces
et des billets j’en ai vu de toutes sortes depuis que j’ai l’âge d’avoir un
porte-monnaie. J’en ai même encore de la guerre, celles qu’avaient un trou
au milieu pour économiser l’aluminium. Ça me sert de rondelles quand je fais
des bricoles.
J’ai rien contre votre
nouvelle monnaie. Si c’est pour l’entente entre les peuples et qu’on fasse
plus la guerre avec les allemands et les belges, je dis d’accord. Mais là où
je suis plus d’accord, c’est d’appeler ça EURO. J’ai regardé sur mon
Larousse à la page des monnaies, il y a de toutes sortes : le Quetzal, le
Loti, la Roupie, et même le Taka au Bengladesh et le Pataca de Macao, alors
pourquoi vous avez choisi un nom minable comme EURO ? D’abord c’est pas un
nom, c’est qu’un préfixe, alors, à quoi ça rime ? J’ai bien peur qu’en
faisant ça, vous ayez préparé le boulot pour les américains. Bientôt on dira
plus EURO, on dira EURODOLLAR, et l’affaire sera faite. Déjà sur les petites
pièces c’est écrit CENT au lieu de centime, c’est un début. Ils nous
envahissent avec leur musique, leurs films de coboyes et leurs macdos, ils
veulent même nous empêcher de manger des fromages qui puent, alors votre
invention de l’eurodollar, je pense que c’est collabo, comme pendant la
guerre, et qu’un jour vous serez jugé pour ça, pensez-y. Bon, je vous
laisse, je voudrais pas gâcher votre début d’année.
Je vous envoie pas mes
vœux, ça vous ferait du tort, et j’espère que cette lettre vous trouvera de
même,
Ernestine Chassebœuf |
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Le 5 février an deux
mille et deux
à Monsieur Morin, Magasin Sitmom du Sud-Saumurois,
Doué-La-Fontaine
Cher Monsieur,
J’ai reçu la publicité de votre magasin par le facteur ce matin. Il y a
pas beaucoup de produits qui m’intéressent, surtout que les boîtes sont
déjà ouvertes sur les photos, c’est moins appétissant que le journal
d’Hyper U que j’ai reçu ce matin aussi.
Il y a juste page 3, le pull-over en prime contre 17 bouteilles d’eau.
J’espère que le cachet de la poste fera foi que j’ai gagné. J’ai pas pu
répondre par retour du courrier, vu qu’il fallait retrouver assez de
bouteilles et qu’il y avait pas votre adresse sur le prospectus. A fallu
aller la chercher à la mairie, j’espère que ça sera la bonne. En plus la
secrétaire m’a donné 3 autres bouteilles vides, alors si vous pouvez
mettre l’écharpe en plus ça serait bien, mais s’il y a d’autres
concurrents, mettez–moi juste le chandail, je veux pas les démunir.
Vous me direz où faudra envoyer les bouteilles, je les toutes rincées, pas
de problème. Pour la couleur du chandail, plutôt noir vu mon âge, et
boutonné devant, sinon ça boudine.
Voilà, je vous embrasse, j’attends votre courrier avec impatience et
j’espère que ma lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf |
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Le 18. 11. 2003
Bonjour Ernestine !
Au cinéma on m'a donné des cartes
postales, c'est pour ça que je t'écris... quand c'est gratuit... En plus
on m'a envoyé des échantillons pour les rides mais je me suis dit que tu
en aurais plus besoin que moi... tu fais moins jeune. Le docteur m'a dit
que je paraissais 10 ans de moins.
Bon je te quitte.
Clémence |
Réponse dans Ernestine écrit
partout Vol.2,page 153
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Le 25 novembre 2003
à Madame de Boisgrollier, Semainière de la publicité
Madame,
Vous en faites bien des histoires avec votre semaine de la publicité. La
seule chose intéressante qu’on pourrait faire c’est la semaine sans
publicité et même si ça pouvait être une quinzaine ou plus ça serait pas
plus mal pour nous désintoxiquer. En plus vous voulez nous faire croire
que c’est culturel pour pouvoir mettre des réclames dans les écoles et
même dans les livres de classe pour abrutir les gosses encore plus si
c’est possible. Donc je vous dis non, on ne se laissera pas faire, vous
prenez trop les gens pour des imbéciles.
J’ai vu votre réclame pour la crème de beauté Roc : Avec Roc, vos rides
rajeunissent de 10 ans. Faudrait vraiment être une cruche pour vouloir des
rides qui seraient plus jeunes que vous, on se demande bien de quoi on
aurait l’air. Tout ça c’est des slogans mensongers pour tromper le monde
et je ne vous en félicite pas. Si j’avais des meilleures jambes j’irai
barbouiller vos affiches avec les jeunes, j’espère que je vous ai
convaincus et que cette lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf
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à Comité de soutien Pénestine
Messieurs, Mesdames,
Je ne sais pas trop qui vous êtes mais j’ai bien reçu
votre lettre avec huit signatures illisibles pour soutenir une retraitée de vos
amis. Bon, voilà je lui ai envoyé un courrier comme vous m’avez
demandé, j’espère que c’est ce que vous vouliez et que j’ai bien compris. Je vous envoie la copie de la lettre.
J’en profite pour vous envoyer une carte de publicité pour
un spectacle qui a été fait avec mes lettres. Je pense que ça peut vous plaire,
c’est un spectacle pour tout le monde, sauf pour ceux qui aiment bien les curés
et les militaires, vaut mieux prévenir. J’espère que vous n’avez rien à voir avec le Bon Pasteur
parce que j’ai une dent contre eux à cause de vieilles histoires et mon ami
Edmond aussi, à cause de sa sœur.
Embrassez vos pensionnaires de ma part, tâchons de rester
dans la résistance et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf
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Le 16 décembre 2004
à Madame Nicole Pénestine L.
Chère madame,
Vous avez une bande d’amis à Angers qui pensent que ça vous
ferait plaisir un petit mot de moi pour votre retraite dans le Morbihan. Puisque
vous êtes une fidèle lectrice paraît-il, je m’exécute avec plaisir. Autrefois
moi aussi j’aurais bien voulu m’occuper d’enfants mais de par mon métier je me
suis plutôt occupée des veaux et souvent on en aurait eu des difficiles à
vivre si on y avait pas mis le oh là. Heureusement si ça se passait mal on
avait l’abattoir en solution extrême, chose que vous ne pouvez plus faire avec
les lois actuelles et c’est tant mieux comme je l’ai déjà écrit quelque part je
crois. On me dit que vous faites des voyages à travers le monde. A
cause des enfants fugueurs que vous devez poursuivre, je suppose. A mon avis
vaudrait mieux les laisser courir et faire leur vie à leur idée. Vos amis m’écrivent que grâce à Dieu vous chantez des
cantiques quand vous avez bu, c’est un bon début dans la protestation, faudrait
juste changer les paroles parce que d’après ce que je me rappelle, ça date un
peu. J’espère que vous passerez une bonne retraite dans le
Morbihan et que vous n’aurez pas de marée noire dans les prochaines années. Vos collègues ont l’air de bien vous aimer, vous allez
sûrement les regretter, mais vous en faites pas il y a bien un club de marins du
troisième âge dans votre pays où vous pourrez jouer aux cartes et fumer des
pipes tant que c’est encore autorisé.
Je vous embrasse de tout cœur et j’espère que cette lettre
vous trouvera de même,
Ernestine
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Le 13 janvier 2004
Monsieur James T. à Joué l’Assé
Cher Monsieur,

Je vous remercie de votre lettre. J’ai un peu tardé à répondre. J’étais
dans le tri de mes brouillons pour le volume 2 qui paraîtra en mai.
Rassurez-vous, ça sera le dernier. L’âge me rattrape, j’ai plus le courage
que j’avais encore la semaine dernière. Alors comme ça vous êtes pays avec
Raffarin ? Pour Noël j’en ai fait un en pâte d’amande pour un petit neveu
mais ça lui a pas trop plu, je me demande bien pourquoi il avait commandé
ça au Père Noël, un raffarin en pâte d’amandes ?
Vous n’avez pas l’air d’avoir un grand moral, c’est vrai qu’il y a rien de
bien réjouissant actuellement et la tempête qui s’y met, manquait plus que
ça. On se souhaite quand même une bonne année et j’espère que ma lettre
vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf |
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Le 12 mai 2004
Mesdames
du Musée,
J’ai bien aimé la visite de votre musée, ça rappelle bien
des choses surtout le Caïffa qui passait dans les maisons avec sa carriole à
chien. Celui qui passait chez nous on l’appelait encore Caïffa,
même quand il était devenu facteur rural après la guerre. Son chien il s’appelait aussi Caïffa et longtemps après
quand on voyait un chien de cette race là on appelait ça un caïffa.
Je vous envoie un petit journal que j’ai retrouvé. Il
servait à protéger le fond du tiroir du haut du buffet de tonton Eugène. Il
manque des pages, elles doivent être dans le tiroir du bas mais c’est ma sœur
qu’a eu le bas du buffet au partage et comme elle est morte faudrait voir avec
les neveux. Quand je les verrai à un enterrement je leur demanderai, pour
compléter. Vous verrez à la dernière page, ils ont aussi essayé de
faire tirer des charrettes par des insectes, c’était une idée fixe, chez eux.
Voilà, merci beaucoup pour la visite très intéressante et
j’espère que ma lettre vous trouvera de même
Ernestine Chasseboeuf
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Le 19 janvier 2005
aux Dames du Musée des commerces
Mesdames,
J’ai bien reçu votre courrier. C’était très
gentil de me répondre pour les veilleuses. Je ne m’en servais plus depuis
longtemps parce que ça éclaire comme un étron dans une lanterne. Pour la
brouette, pas question de vous la donner pour l’instant, je l’ai prêtée à la
troupe qui joue mes lettres au théâtre. Au sujet du spectacle il y a beaucoup de
mécontents dans la région. Ça s’est joué à Thouarcé et ils vont jouer à Saumur
et Montreuil-Bellay mais toutes les places sont prises et tout le monde râle.
Il faudrait organiser d’autres représentations dans le coin mais personne n’a
l’idée de le faire parce que c’est du travail, trouver la salle, faire la
publicité et tout ça.. Je vous dis ça comme ça, vous n’organisez peut-être pas de
spectacles mais si vous connaissez quelqu’un par chez vous qui peut le faire
faudrait téléphoner à Marie G., elle vous dirait tout.
Voilà je vous laisse. Je vous souhaite mes meilleurs vœux
pour 2005, j’espère que vous aurez autant de visiteurs dans les vieux commerces
qu’il y en a dans les supermarchés, moi j’y vais plus et j’espère que cette
lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf
Je vous copie la lettre au supermarché que j’ai envoyée
hier.
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Le 9 juin 2005
Cher Maurice,
J’avais un autre Maurice dans mes correspondants, c’était
Maurice D. de Godewaersvelde dans le Nord, mais je n’ai pas eu de
nouvelles depuis longtemps.
Excusez-moi de vous avoir fait la leçon sur horto. Vous
connaissez bien l’Anjou pour savoir qu’il y avait un Turc qui était maire.
C’est une vieille famille des Alpes, ils venaient nous vendre leurs oignons de
fleurs de là-bas et la descendance s’est dit que ça serait plus simple de les
cultiver sur place. Maintenant on fait le contraire, on mange des fraises
d’Amérique et on met des caleçons chinois pendant que les gens d’ici n’ont plus
de boulot, sauf les patrons qui s’en foutent bien que les ouvriers soient
polonais ou chinois du moment que ça leur rapporte un maximum, mais je ne vais
pas encore faire de la politique, ça me fait monter la tension. Si on parle
d’orthographe, vous avez raison, j’ai regardé sur mon brouillon, fallait mettre
un e à laissée. Je me sers toujours de la méthode de mon maître d’école, il nous
faisait remplacer par prendre. La machine m’a prise... C’est efficace, mais
seulement si on parle mieux qu’on écrit, sinon ça sert à rien. Même à la radio
ils font plus les accords, enfin soyons pas trop puristes, tout le monde parle
comme il peut, le principal c’est pas dire trop de conneries et c’est ça le plus
dur. Je n’ai pas 99 ans, juste 95 cette année, puisque je suis
née en 10.
Pour M. Hubbourdin, vous pouvez avoir de ses nouvelles sur
l’internet, il y a même mis toute notre correspondance, je l’ai vue de mes yeux
et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf

PS : Si vous connaissez du monde dans le théâtre, vous
pouvez leur dire que le spectacle de mes lettres a un grand succès, ils ont joué
partout, à la campagne et à la ville, c’est un grand succès, comme ils ont mis
dans le journal.
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Juin 2005
à Monsieur Michel Grégoire
Cher Monsieur,
Vous vous souvenez peut-être de moi. Je vous ai écrit
plusieurs fois et vous avez peut-être reçu les livres où ils ont recueilli mes
lettres. On m’a dit que vous parliez maintenant à la radio du Périgord et que
vous vous occupiez d’un festival.
C’est à ce propos que je vous écris. Il paraît
qu’Annie Cordy est venue chez vous l’année dernière et qu’elle a lu
quelques-unes de mes lettres. J’ai parié avec Jules que c’était pas vrai mais on
a personne pour nous départager, si bien qu’on ne sait pas qui doit payer un
coup à l’autre. Dans l’attente on s’en paye un chacun son tour, mais un pari
c’est un pari et on aimerait bien en avoir le cœur net. Si vous passez par là
vous pouvez venir nous départager et vous profiterez du coup de cabernet. Ici
on peut pas entendre Radio Périgord, mais avec une antenne on a France Culture
pour ceux qu’aiment ça, ou Louis Bozon le midi. Si vous voulez un spectacle
pour l’année prochaine pour votre festival, je vous envoie la carte de la
Compagnie Mêtis, vous en ferez ce que voudrez et j’espère que cette lettre vous
trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf
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Recto-Verso
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Le 14 décembre 2005
à Jules Mond
Cher Jules,
Je suis bien contente que l’éditeur de Ginkgo vous ait
envoyé un tome 3, alors je vous envoie un tome 2, je pensais que vous l’aviez
eu, on ne fait pas toujours les envois que je demande et je n’écris pas les
petits mots vu qu’ils en ont envoyé 200 cette fois-ci, ça me prendrait des
jours et faudrait trouver à chaque fois quelque chose d’amusant, c’est pas
toujours facile.
J’espère que vous êtes bien remis de votre tour
d’ambulance. De mon côté ma disparition ne m’a pas fait trop de mal, c’est un
coup de l’éditeur pour passer dans les journaux. Ça ne fait que m’arranger parce
qu’il y a des gens de la Vie Catholique qui me tournent autour et j’ai pas envie
de les rencontrer. C’est pour faire une double page sur moi dans la Vie qui
appartient à Lagardère, le missile d’une main, le chapelet de l’autre.
Je ne connais pas votre dictionnaire des îles, faudra m’en
envoyer un, et pour "Jules Mond s’écrie partout" d’accord pour la dédicace. Je vois souvent votre amie Danièle de Saint-Saturnin. Elle
s’arrête en revenant de chez Louisette, ça lui fait deux vieilles pour le prix
d’une, ça économise l’essence et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf
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Le 14 décembre 2005
à Emmanuelle R.
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Passez une annonce, il y en a sûrement que ça pourrait intéresser.
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Chère Emmanuelle,
Je vous remercie de votre courrier, même si j’ai eu du mal
à lire votre nom et celui du Général pour l’adresse. J’ai mis Calembert à tout
hasard, en souvenir de mon premier fils qui appelait le fromage comme ça quand
il avait deux ans. J’ai regardé dans mon Larousse, pas de général de ce nom,
mais c’est peut-être un général de la guerre de 40 qui ne figure pas dedans,
étant imprimé en 1922.
Vous avez bien du mérite d’élever seule vos enfants, c’est
pas facile mais c’est mieux que de les élever avec un père qui boit ou qui
découche tous les soirs pour aller voir les filles, comme j’en ai connu. Au
moins vous êtes tranquille et les chiens peuvent coucher sur le lit sans
qu’on vous fasse des remontrances. Vous n’avez qu’à prendre un amant qui
aime faire les papiers et remplir les factures.
J’ai lu les démêlés de votre amie avec les France-Télécom,
faut lui dire qu’elle demande à ses grands gamins de payer eux-mêmes la note,
qu’ils aillent travailler pendant les vacances, ça leur apprendra le prix de la
vie. Et surtout pas de téléphone portable, c’est mauvais pour le cerveau et pour
les enfants des écoles qui se trouvent souvent sous les antennes.
Vous allez pensez que je suis une vieille râleuse, mais
justement c’est vrai. Surtout si vous me parlez des télécom : depuis ma lettre
qui parlait de ça, il y a trois nouveaux poteaux de téléphone cassés autour de
Coutures. Maintenant qu’on va privatiser les autoroutes et les chemins de fer on
se demande qui voudra encore monter dans le Tégévé si les rails sont aussi bien
entretenus que les poteaux du téléphone.
Continuez à râler, c’est bon pour l’artériosclérose, pas
besoin de se tartiner leur saloperie de Proactiv et j’espère que ma lettre vous
trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf
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Je mettrais :
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F, 2 enf., piét. rêv. rom. 38 a, ch. H. séd. âge en rap.
prlp, plf, et + si aff.
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Je traduis :
Femme, 2 enfants, piétonne rêveuse romanesque, 38 ans,
cherche homme séduisant, âge en rapport, pour remplir les papiers, payer les
factures et plus si affinités.
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Le 23 décembre 2005
à Madame Varda,
Chère madame,
Je vous ai entendue à la radio, ça m’a fait penser que
j’avais gardé pour vous des images du pont de Nantes pour votre collection, vous
en avez parlé un jour. C’est dans un vieux Larousse que j’avais, mais comme le
chat a pissé dessus j’ai été obligée de jeter presque toutes les pages. En plus
avec l’humidité dans mon troglo c’est dur de conserver les livres en état,
faudrait faire du feu tout le temps, et le bois c’est cher heureusement je brûle
des vieux cageots.

Je ne vous envoie pas le dernier recueil de mes lettres, ça
coûterait aussi cher de timbres que de livre, mais on le trouve partout, même à
Paris. J’ai un grand souvenir de vos glaneuses*, si ça repasse par
ici je retournerai le voir.
Voilà, je vous souhaite des joyeuses fêtes et j'espère que
ma lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf
* Agnès Varda rencontre le monde des ramasseurs
qui, par nécessité ou choix, récupèrent les restes.
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Le 23 décembre 2005
à M. B.
Cher monsieur,
Je suis très flattée que vous ayez pensé à ma modeste
personne pour participer à une revue spéciale sur Julien Gracq. Je n’ai pas
grand-chose à dire sur lui vu que je ne l’ai pas rencontré et que je n’ai pas
réussi à lire tous ses livres. A quelques kilomètres près on aurait pu aller à
l’école ensemble puisque je suis originaire de Botz-en-Mauges, pas loin de
Saint-Florent. Mais après il a été aux études pendant que j’allais garder les
vaches, et nos chemins se seraient séparés.
J’ai donné mes papiers à trier pour vous envoyer les copies
des correspondances que j’ai eues avec lui. Vous remercierez bien la revue 303 qui a déjà fait un
article sur mes lettres il y a quelques années, je vous souhaite des joyeuses
fêtes et j'espère que ma lettre vous trouvera de même,
Ernestine Chassebœuf
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A
Coutures le 18 février
Chère Marion,
Bravo, tu es une championne de dessin des brebis et des petites filles, je
vais essayer de faire aussi bien que toi. Comme j'ai pas de crayons de
couleur, je le fais avec du café et un pinceau que j'ai fait avec le bout
de la queue de mon chat, il est tellement vieux, il s'en est même pas
aperçu. Fais encore des beaux dessins, encore merci et je t'embrasse bien
fort,
Ernestine
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